Spiritualités

Les peintres de l’au-delà

Des œuvres d’art réalisées en quelques minutes, voilà ce que font de rares médiums qui prêtent leur corps au talent de peintres passés dans l’Au-delà…Pablo Picasso, un des peintres qui ont le plus marqué le XXe siècle, est mort en avril 1973. Trois mois après sa mort, le médium britannique Matthew Manning a tenté d’entrer en communication avec 1’« esprit » de l’artiste : en se concentrant, il a senti sa main courir sur le papier, produire plusieurs dessins à la plume à la manière de Picasso et signer « Picasso » au bas de l’œuvre.Retour ligne automatique


De tels faits déroutent ceux qui s’intéressent aux étranges pouvoirs de l’homme et au problème de la survie après la mort. Une seule question se pose : ces œuvres sont-elles originales ou ne sont-elles que le fruit de l’imagination du médium ?Retour ligne automatique
En d’autres termes, ces œuvres sont-elles des preuves irréfutables de la survie de l’esprit après la mort ou bien ne sont-elles que le produit de la propre créativité du médium, qui atteindrait, par une certaine forme de créativité, au génie artistique ?Retour ligne automatique
La réponse n’est pas aisée, surtout si l’on n’accepte pas d’emblée l’explication fournie par les médiums eux-mêmes, qui ne doutent pas un instant de la réalité de leur contact avec les grands artistes dont ils perpétuent l’œuvre.Retour ligne automatique
Matthew Manning, notamment, possède de nombreuses esquisses (dessins et peintures) exécutées « psychiquement » depuis son adolescence, au début des années soixante-dix. Le célèbre médium a expliqué comment il entrait en communication avec les artistes défunts. Sa démarche est aussi rationnelle que fascinante.

 

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Un Renoir médiumnique

La méthode de Manning

L’esprit calme, il reste assis, un bloc de papier et un crayon à la main. Il se concentre alors sur un artiste donné. Cependant, il n’est pas question pour lui d’entrer en transe ou de tomber dans une sorte d’inconscience. Sa lucidité reste entière du début à la fin de l’expérience.Retour ligne automatique
Assez rapidement, le crayon commence à courir sur le bloc de papier. Il part du centre de la feuille pour finir par la couvrir tout entière et dessiner une véritable œuvre d’art, dans laquelle il est presque toujours possible de reconnaître la « manière » de l’artiste sur lequel le médium se concentrait. Parfois même, le travail est signé par la main de Matthew Manning. C’est une sorte de code : dans ce cas-là, le dessin est bien de l’artiste lui-même. Dans le cas où aucune signature n’apparaît, le médium considère qu’il n’a pas eu affaire au maître, mais à un de ses élèves !Retour ligne automatique
Chacun des esprits évoqués par Matthew Manning possède sa personnalité propre. Le plus fatigant reste Pablo Picasso : « Après les quelques minutes qui lui sont nécessaires pour exécuter un dessin, a noté le médium, je me sens tellement épuisé que je ne peux rien faire avant des heures. »Retour ligne automatique
Au cours du premier contact avec 1’esprit de Picasso, en 1973, Matthew Manning a constaté que sa main était guidée par une « force considérable » : deux de ses plumes seront cassées sous l’effet de cette violence. Une fois le dessin terminé, une observation attentive de son style a révélé au médium qu’il s’agissait indubitablement du style de Picasso…Retour ligne automatique
Pour choisir des couleurs, Pablo Picasso s’est montré un des esprits les plus serviables : il guidait la main de Matthew Manning au-dessus d’une boîte de couleurs. La plupart des autres esprits d’artistes disparus se contentent d’utiliser la plume.Retour ligne automatique
Parmi les pièces de la collection de ce médium hors du commun, on trouve des œuvres « signées » par Paul Klee, Leonard de Vinci, Albrecht Durer, Béatrix Potter ou le miniaturiste élisabéthain Isaac Oliver… La palette de l’artiste est étendue.Retour ligne automatique
Une fois terminées, les œuvres ainsi transmises à Matthew Manning ont l’air, au moins, d’excellentes copies.

La « valeur » des œuvres

Là où un artiste vivant aurait besoin d’une dizaine d’heures pour exécuter un tableau de taille et de complexité comparables, Matthew Manning ne met qu’une à deux heures et son travail a toujours un aspect de finition assez remarquable. De plus, en une ou deux heures, il n’a manifestement pas le temps d’équilibrer sa propre inspiration par une esquisse préalable…

Gaspareto

Le médium Gasparetto

Gasparetto…

Pourtant Matthew Manning n’est pas le plus rapide des médiums artistiques. En mars 1978, le Brésilien Luiz Gasparetto a exécuté, devant des millions de téléspectateurs, près de vingt et un tableaux en soixante-quinze minutes ! En état de transe, il travaillait sur plusieurs tableaux à la fois, parfois des deux mains et dans des styles aussi différents que ceux de Cézanne, de Renoir ou de Picasso.Retour ligne automatique
Encore plus curieux : ces tableaux étaient d’une facture parfaite, mais ils étaient réalisés à l’envers ! Ce qui a provoqué les plaintes de nombreux téléspectateurs, persuadés que la chaîne de télévision passait le film en accéléré et en inversant les bobines…Retour ligne automatique
Revenu à un état conscient, Luiz Gasparetto s’est montré incapable de peindre quoi que ce soit, à plus forte raison d’imiter plus de vingt styles différents. Son seul souci aura été de se concentrer sous l’intense lumière des projecteurs de la télévision, lui qui était habitué à n’entrer en transe que dans une semi-obscurité propice à l’inspiration.Retour ligne automatique
Luiz Gasparetto a fait de ces séances de peinture psychique une sorte d’industrie : après chaque démonstration, les tableaux sont vendus aux enchères et le produit des ventes est remis, conformément à la règle des spirites brésiliens, à des œuvres charitables. Matthew Manning, par contre, peint beaucoup moins.Retour ligne automatique
Alors, créations venues de l’Au-delà ou talent propre à chaque médium ? La question reste ouverte. Pour certains chercheurs spécialisés dans le paranormal, il est possible que l’art automatique ne soit que l’expression d’une face cachée de la personnalité du médium, qui exprimerait sa sensibilité refoulée. Ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres…

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Jean-Michel Grandsire

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